Jaco Van Dormael
Métier : Réalisateur
Ville : Bruxelles
Pays : Belgique
Email : Cliquez ici
Date de naissance 09/02/1957
Organisation
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Filmographie Cinergie
Réalisateur
2010 Eole (CM)
2009 Mr. Nobody (LM)
2006 La ceinture (CM)
1996 Le huitième jour (LM)
Lumière sur un massacre – L'usine (1996) (TV court)
1995 Lumière et compagnie (documentaire)
1991 Toto le héros (LM)
1985 È pericoloso sporgersi (CM)
De boot (CM)
1983 Sortie de secours (documentaire court)
1982 L'imitateur (documentaire court)
1981 Stade 81 (documentaire)
1980 Maedeli la brèche (CM)
Bibliographie
Mr. Nobody, Paris, Éditions Stock, 2009, 264p.
Entrevue filmée
- Jaco Van Dormael - Toto le héros - paru dans le webzine n° 94 - Mai 2005
- Jaco Van Dormael, sur les pas de Mr Nobody - paru dans le webzine n° 118 - juillet-août 2007
- Jaco Van Dormael, en hommage à Henry Ingberg - paru dans le webzine n° 122 - décembre 2007
- Jaco Van Dormael, Mr nobody - paru dans le webzine n° 128 - juin 2008
- Cinéma cinéastes - Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 139 - juin 2009
- Manifeste du cinéaste de F.Sojcher - paru dans le webzine n° 144 - décembre 2009
- Jaco Van Dormael dans son bureau, Mr Nobody - paru dans le webzine n° 145 - janvier 2010
- Leçon de cinéma de Jaco Vandormael - paru dans le webzine n° 152 - Septembre 2010
- Fenêtre sur vue - Mr Nobody de Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 152 - Septembre 2010
Entrevue
- Jaco Van Dormael, just Nobody - paru dans le webzine n° 128 - juin 2008
- Entretien avec Jaco Van Dormael à propos de Mr. Nobody - paru dans le webzine n° 145 - janvier 2010
Critique
- Mr Nobody de Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 145 - janvier 2010
- Mr Nobody (version longue) de Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 148 - avril 2010
Sortie DVD
- Toto le héros de Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 94 - Mai 2005
- Toto le héros de Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 118 - juillet-août 2007
Dossier
- 1991 - 1999 : les années Cannes - paru dans le webzine n° 59 - Mars 2002
- Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 50 - Mai 2001
- La nuit du court par Berliner, Van Dormael et Renders - paru dans le webzine n° 105 - mai 2006
Publication
- Mr Nobody de Jaco Van Dormael - paru dans le webzine n° 117 - juin 2007
Tournage
- Jaco Van Dormael : Mr Nobody - paru dans le webzine n° 118 - juillet-août 2007
Filmer les animaux
Le premier film que j'ai vu était Bambi. Je ne me souviens plus de l'âge que je devais avoir mais j'ai été terrifié par des espèces de grandes formes colorées qui se mouvaient sur l'écran et criaient très fort. J'en ai gardé un souvenir cauchemardesque.
Au début des années 60, j'habitais en Allemagne (j'y suis resté jusqu'à mes sept ans), je regardais la télé, en noir et blanc. Je me souviens que ma mère m'expliquait le champ, contrechamp parce que je ne comprenais pas très bien ce que je voyais; pourquoi les images s'enchaînaient les unes à la suite des autres, où étaient les gens et même ce qui se passait vraiment. Elle m'expliquait: "Tu vois, on voit les yeux du monsieur, puis on voit ce qu'il voit". Et tout à coup les choses prenaient sens. Mais le moment que j'attendais avec impatience, toute la semaine, c'était la diffusion, le samedi soir, du Jardin extraordinaire.
Je n'avais qu'un désir, filmer les animaux, devenir cinéaste animalier. J'ai commencé avec un appareil photographique que j'avais trouvé dans la cave. Je partais à quatre heures du matin, un filet de camouflage sur la tête pour saisir, les jours de chance, un ou deux merles qui à l'arrivée s'avéraient flous. Puis j'ai voulu devenir cameraman pour filmer la reproduction des escargots, des éléphants et des lions en Afrique.
Je me suis inscrit à Vaugirard pour apprendre le métier. J'y suis resté un an tout en faisant du théâtre en même temps. J'ai mêlé mes envies de travailler avec des comédiens avec ce que je pensais vouloir faire en tant que cameraman animalier et j'ai filmé ces drôles d'animaux que sont les comédiens. Ce qui n'est pas plus facile. Pendant mes études à l'INSAS, j'allais pas mal au cinéma. Les choses qui m'attirent le plus sont les choses qui m'échappent. Je ne comprends rien au Miroir de Tarkovski et je suis fasciné. Je l'ai vu une dizaine de fois. Je ne sais pas comment ça marche et c'est ce qui me fascine. J'aime les films ratés. Ils sont plus riches d'enseignement que les autres. Il y a des erreurs qui sont indispensables au cinéma. Souvent, c'est le cas des grands cinéastes et c'est ce qui fait leur particularité et leur donne un style. Quelqu'un qui croit que le film lui échappe au montage fera des plans-séquences en se disant qu'il contrôle son film au tournage. Quelqu'un qui comme moi a peur de sa mémoire temporelle, qui craint qu'un plan tourné maintenant ne soit pas raccord avec celui qu'on a tourné deux mois plus tôt, va se sécuriser en sachant qu'il va pouvoir se rattraper au montage, en multipliant les plans d'une séquence. Le style de chaque cinéaste c'est son incompétence. Ce sont les erreurs qu'il perpétue de film en film mais qui, loin d'être gênantes, sont belles, tout comme un visage. Un beau visage, c'est un visage avec ses imperfections. Sans cela, c'est vide, désincarné, ce n'est pas humain.
Ce que j'aime au cinéma, c'est pouvoir oublier que c'est un film, voir des gens et vivre des choses avec eux. J'aime que la caméra soit invisible, qu'on ne la voit pas, qu'on croit à la réalité des choses montrées. J'aime les films qui renvoient à la vie avec ses contradictions, ses incompréhensions, ses difficultés. Même si on ne comprend pas, on est content d'être vivant.

























