décembre 2009
Editorial
Entrevue filmée
- Oscar et la dame Rose, Amir et EE Schmitt
- Rapt de Lucas Belvaux
- Simon Konianski de Micha Wald
- Casting : Pauline Etienne pour Elève libre
- Manifeste du cinéaste de F.Sojcher
- Cinéma cinéastes - Frédéric Fonteyne
Entrevue
- Eric-Emmanuel Schmitt à propos d'Oscar et la Dame Rose
- Micha Wald et les Folles aventures de Simon Konianski
- Entretien avec Jacques Boigelot
- Entretien avec Lucas Belvaux
- Entrevue avec Felix Van Groeningen, la Merditude des choses
Critique
- Bonne Nuit de Valéry Rosier
- La Balançoire de Christophe Hermans
- Dans nos veines de Guillaume Senez
- La Domination masculine de Patric Jean
- Avec ma mère à la mer d’Alexis Van Stratum
- Rapt de Lucas Belvaux
- Extérieur rue d'Anne Closset et Carmen Blanco Principal et Le patrimoine, ça déchire ! de Jacques Borzykowski
- Hudûd de Féderico Ariu
- Voodoo de Samuel Lampaert
Sortie DVD
- Un soir… par hasard d’Yvan Govar - Belfilm
- La véritable histoire du chat botté, de Pascal Herold, Jérôme Deschanps et Macha Makhieff
- Ne te retourne pas de Marina De Van
- Ceci est une pipe (Journal extime) de Patrick Mario Bernard & Pierre Trividic
- Quarante de Christel Milhavet et Jérôme Denis
- Les vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati
- Double DVD d'Emile Degelin - Belfilm
- Les plages d'Agnès d'Agnès Varda
- Katanga Business de Thierry Michel
- Le Petit fugitif de Morris Engel, Ruth Orkin, Ray Aschley
- ONE MAN SHORTS : Shorts films by Pascal Adant
- Anti Christ de Lars von Trier.
- Cinematek : Sabena
Evénements
Publication
- Le professeur de scénario; roman de Luc Delisse
- Trafic 71, Automne 2009
- Souvenirs de films. Du 9ème art au 7ème art. 51 dessinateurs à l'affiche.
- Le catalogue du documentaire 2009-2010
- Les hommes, le dimanche de Robert Siodmak et Edgar G. Ulmer par Raymond Bellour
- L'Image de la ville. Bruxelles et ses photographes des années 1850 à nos jours, de Danielle Leenaerts.
Avec ma mère à la mer
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Entrevue filmée
Tournage de "Avec ma mère à la mer" -
Article
Avec ma mère à la mer d'Alexis van Stratum
Alexis Van Stratum
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Critique
Les Enfants de coeur d'Alexis Van Stratum -
Critique
Classes vertes d'Alexis van Stratum
Avec ma mère à la mer d’Alexis Van Stratum
La mère qu’on voit danser…
Petit film de moins d’une heure et demie, filmé avec trois francs six sous – c’est le pari des Cinéastes Associés dont voici la troisième production –, Avec ma mère à la mer semble la suite du précédent court métrage d’Alexis Van Stratum, qui cultive un certain goût pour le bleu (le ciel, la mer, l’horizon, l’air), omniprésent dans les deux films, et un autre pour les mères assassines, culpabilisantes et possessives dont il faudrait bien tordre le cou… omniprésentes etc.
Dans Classes vertes, avec douceur et légèreté, un petit garçon filait en douce faire l’école buissonnière après avoir engagé une dure lutte avec sa mère dépressive, culpabilisatrice et au bord du suicide, pour sauver sa peau, à lui. Quelques années plus tard, il aurait grandi, serait Clément, au bord d’une vie cette fois bien huilée : en couple, sa compagne espère un enfant et le travail de ses rêves les amène à Montréal habiter un pavillon coquet dont Carole rêve. Hum… Tout cela a l’air parfaitement réjouissant. Jusqu’à ce que sa mère tente de se suicider. Clément l’entraîne alors en convalescence à la mer, profiter du bleu lointain, histoire de la réconcilier avec elle-même et d’être un bon fils. Mais les choses s’avèrent plus difficiles que prévues. Peu à peu, reprenant du poil de la bête, Josiane retrouve la main mise sur la vie de son petit garçon, tandis que Clément tente de faire face, et, peu à peu, de se choisir contre les autres, tiraillé de plus en plus entre ce qu’il désire et ce qu’on désire de lui. Il n’a donc pas tout à fait perdu la bataille dont il faut taire l’issue, car cette dernière séquence, dénouant le lien trop tendu, est risquée, belle et réussie.
On retrouve, dans Avec ma mère à la mer, ce qui étonnait déjà dans Classes vertes, cette sorte d’attention posée, un regard clair ni grinçant ni avilissant, qui saisit dans les gestes, regards, silences ou mots en coin, toute cette toile amoureuse qui tisse autour de nous son emprise maligne et puissante. Mais cette tension calme et douce qui fonctionnait remarquablement sur un format plus court, se dissout ici dans la longueur et la redite - même si le principe narratif du film est de progresser par accumulation jusqu’à l’explosion. Dialogues par là un peu trop attendus, par ici surjoués, scènes un peu molles ou fades, et pas toujours très bien fagotées, empêchent le film de se tendre et l’ambiance étonnante, douce-amère, de jouer à plein. Mais il y a ce jeu d’équilibriste entre drame et comédie extrêmement difficile… Il y a le défi et le principe des films produits par Cinéastes associés, celui de faire des films à petits budgets tournés au lance-pierre… Et enfin, il y a, dans ce film, de vrais moments de surprises, de très belles scènes qui viennent, soudain, le faire basculer dans un ailleurs qu’on n’aurait pas soupçonné, notamment une envolée vers la comédie musicale, féérique et tendre, des numéros cocasses ou encore cette dernière scène, d’une très belle violence.
Premier long métrage d’un jeune réalisateur qui a déjà plusieurs courts à son actif, de nombreuses mises en scènes, des scénarios et une sérieuse expérience de comédien au théâtre, Avec ma mère à la mer frappe justement par la douce fantaisie qui l’anime et réussit à déjouer les pièges du drame psychologique larmoyant. Pour autant, il ne réussit pas à l’affirmer jusqu’au bout, cette fantaisie, à l’épanouir et à nous embarquer totalement… Et on le regrette, et se prend à rêver d’un film dont l’identité, ou l’ambiguïté, serait plus affirmée… Car trop de distance et de calme étouffent peut-être ce doux grain de folie qui gratte ici et là, séduit, et fait du bien.
Anne Feuillère

