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décembre 2006
05/12/2006
 

Jeu de dames de Christophe Hermans

Nathalie Toro se prépare à monter sur le ring lors du championnat européen de boxe. Originaire d’une banlieue défavorisée de Liège, partie de rien, Nathalie veut prouver qu’on peut atteindre les sommets… Pour cela, il suffit de le vouloir. Ce documentaire retrace les dernières heures de souffrance et de tension qu'elle vit avant de monter sur le ring.

Difficile après la double victoire éclatante de ce documentaire (Grand Prix Média 10/10 et Prix du Meilleur Court Métrage Documentaire) de ne pas faire le parallèle entre le destin de Nathalie Toro et celui de Christophe Hermans, jeune réalisateur et créateur de l'asbl Another Light, parti de rien pour arriver au sommet du podium du Festival Media 10/10.

Jeu de dames est l’une de ces success stories, ô combien naïve, mais tellement jubilatoire et dénuée de tout cynisme ! Le genre de film que n’aurait pas renié tout un pan du cinéma américain des glorieuses eighties. Difficile donc ici de ne pas penser à un Rocky à la belge où l’étalon italien chéri de Philadelphie («l'oeil du tigre, mec ! L'oeil du tigre ! ») est remplacé au poing levé par une jeune femme peu gâtée par la vie, dont le nez cassé témoigne des nombreux coups assénés et dont l’énergie et l’enthousiasme inégalables viennent tempérer un accent liégeois à couper à la tronçonneuse.

Filmée caméra à l’épaule, nous suivons Nathalie à l’entraînement, dans sa vie privée (au supermarché, au restaurant…) et jusque sur le ring lors de sa victoire éclatante. Un portrait attachant d’une battante qui nous prouve qu’avec un peu de détermination et beaucoup de boulot, on peut encore arriver à réaliser ses rêves les plus fous. Rocky serait fier de Nathalie Toro!

Impressionné, Sylvester Stallone en personne vient de sortir de sa retraite pour nous offrir le sixième épisode de sa légendaire saga animalière. Rocky Balboa sortira en salles en mars prochain sur tous nos écrans. Gageons que le père Stallone et son héros au grand coeur n’éclipseront pas de sitôt de nos mémoires ce joli petit film, modeste et simple mais percutant comme un uppercut dans la mâchoire et le crachat inopiné d'une poignée de molaires.

Grégory Cavinato

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