Octobre 2011
Les Géants
Fancy Fair
L'été de Giacomo
Bons Baisers de la Colonie
De leur vivant
A pas de Loup
Sorties DVD
- Le Cinéma de Jean-Louis Comolli
- Où va la nuit de Martin Provost
- Le Choix de Jacques Faber - Belfilm
- Pina de Wim Wenders
- Belle d’André Delvaux
- Essential Killing de Jerzy Skolimovski
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- Publication: L’attrait de la ruine d’André Habib
- Publication: Improviser le cinéma de Gilles Mouëllic
- Tournage: Marbie, star de Couillu les 2 Eglises
Les Géants
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Entrevue filmée
Sur le tournage des Géants de Bouli Lanners -
Entrevue filmée
Les Géants, rencontre avec Bouli Lanners -
Entrevue
Les Géants de Bouli Lanners -
Sortie DVD
Les Géants de Bouli Lanners
Bouli Lanners
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Entrevue filmée
Bouli Lanners - Ultranova -
Entrevue filmée
Bouli Lanners, Eldorado -
Entrevue
Bouli Lanners à porpos de Ultranova -
Entrevue
Bouli Lanners -
Entrevue
Bouli Lanners -
Entrevue
Bouli Lanners et Serge Larivière, duo dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster -
Entrevue
Bouli Lanners, El Dorado -
Entrevue
Delépine et Kervern, réalisateurs de Louise-Michel -
Critique
On the Road again de Benoît Mariage -
Critique
Ultranova de Bouli Lanners -
Critique
Muno de Bouli Lanners -
Critique
Travellinckx de Bouli Lanners -
Critique
Eldorado de Bouli Lanners, face A -
Critique
Eldorado de Bouli Lanners, face G -
Critique
Louise-Michel, de Delépine et Kervern -
Sortie DVD
Ultranova de Bouli Lanners -
Sortie DVD
Eldorado de Bouli Lanners -
Article
Sur le plateau de l'émission de l'Envers de l'écran. -
Article
Ultranova (ex - Zoning-Lonesome cowboys) -
Article
Eldorado de Bouli Lanners
Les Géants de Bouli Lanners
Dans les bois avec le loup…
Trois gamins dans l’adolescence, trois mousquetaires abandonnés à eux-mêmes en quête de divertissements, de rires et de chaleur. Mais le monde qui s’ouvre à eux, s’il est beau et vaste, est profond comme la forêt… Les Géants sont des petits Poucet, poussins, ou trois petits cochons dont même la maison en brique se fera souffler… Mais il y a toujours un chemin dans les forêts. Avec beaucoup de finesse, le troisième long métrage de Bouli Lanners construit, à petits pas, un conte initiatique, un beau film noir, mais lumineux, sur l’enfance et la liberté.
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Deux gosses se morfondent à la campagne. Une mère au téléphone confirme qu’elle ne pourra pas venir les chercher de sitôt (un mariage, entend-on vaguement à travers le portable). Bientôt, ils n’ont plus d’argent. Au volant d’une bagnole qui pétarade un peu, sur une route déserte de campagne, ils font face, dans un joli duel de western, à l’un des leurs, qui pousse sa bécane. Il n’en faut pas plus pour sceller des amitiés. De deux, les voilà trois, comme les mousquetaires de l’histoire. Et Zach, Seth et Danny partent à l’aventure, ou à l’abordage, en quête de joints, de frics, de divertissements. On pique ici dans la cave du voisin, on chope de l’herbe ailleurs, on fout le boxon dans une maison de vacances déserte. |
| En avançant, le ton du film, d’abord léger et plus ou moins joyeux, devient de plus en plus grinçant. À partir du moment où ils n’ont plus ni argent, ni voiture, ni toit sur le tête, soufflé par le grand méchant Bœuf, les trois garçons doivent tout inventer, et leurs moyens sont pauvres. Peu à peu, dans une vulnérabilité qui va grandissante, ces aventures les entraînent dans un autre monde, bien loin de l’enfance. On passe alors des balades de Tom à la fuite de Huckleberry Finn traqué sur son radeau. Et l’histoire s’épaissit d’épisodes qui viennent construire, sur les situations et les personnages, des archétypes. Le réalisme du film, justement parce qu’il s’est légèrement stylisé ou décalé, en vient à faire résonner d’autres paysages plus allégoriques vers lesquels il glisse peu à peu. |
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Il n’y a rien dans Les Géants de cet expressionnisme allemand qui faisait la beauté scintillante de La Nuit du Chasseur. Mais si, justement, le chef-d’œuvre de Charles Laughton vient résonner de manière incessante, c’est que Les Géants est aussi un film noir, qui accule ses personnages à des actes désespérés et imposés par la violence de leurs milieux et de leurs trajectoires; que le motif de la rivière, ici comme là, fait voyager les enfants d’un monde à l’autre, et que tous les personnages s’épaississent au fil du récit, pour devenir des archétypes, incarnations de principes vivants - qu’il s’agisse d’Angel, si mal nommé, bras droit du Diable, de Bœuf, image distante du mal ou de la bonne fée Marthe Keller/Lilian Gish. Mais le bien ne triomphe pas ici du mal par son entremise. La question n’est plus qu’il triomphe. |
Anne Feuillère




