05/12/2006
 

Les Oeufs brouillés de Iao Lethem

Les Oeufs brouillés

Les histoires d’amour ont souvent un aspect triangulaire. Les relations entre trois personnes se font, se défont, et puis, au milieu de tout cela, une intrigue. Ici, on s’en rapproche sinon qu’il y a une quatrième dimension. Tenez… avec les œufs brouillés, cela marche aussi comme cela. D’une part il y a le blanc, d’autre part le jaune… Alors intervient la fourchette qui pique le jaune et le mélange au blanc. La quatrième dimension… ce serait le bain-marie. Il fait que les bons œufs brouillés prennent, ou pas du tout…

Dans une maison, à l’image de celle de Psychose, il y a une mère, un père et leur fille. Trois côtés du triangle. Mais rien d’équilatéral. Tout est déséquilibre, tout est fragilité, tout s’est perdu probablement à jamais dans un amour, un désir trop fort… Une jeune femme, encore fille malgré tout, se rappelle aux bons (?) souvenirs de chacun de ses parents. Qu’ont-il gardé d’elle ? Quels souvenirs nourrissent-ils encore ? Comment comblent-ils son absence et supportent-ils son « retour » ? Et moi ? Comment ferai-je le jour où j’aurai une fille plus belle et désirable que ma femme ? Comment la protéger de nous ?

Thierry Zamparutti

 

Abordant des thèmes sérieux comme l'inceste, l'abandon, la responsabilité, la revanche et la culpabilité, Iao Lethem nous fait le portrait d'une famille explosée et, sur le mode du mystère et du fantastique, confronte les deux personnages principaux (le père et la mère) à leurs propres démons enfouis et que le retour (imaginé? fantasmé?) de leur fille après 8 mois d'absence va bouleverser.

Interprété magistralement, tout en pudeur et force par une Marie Du Bled qui n'a pas volé son prix d'interprétation, Les Oeufs brouillés, loin du pensum pesant sur des thèmes difficiles, est au contraire une oeuvre intelligente et originale dans laquelle les personnages sont véritablement incarnés et non pas de simples caricatures comme c'est encore trop souvent le cas lorsque certains cinéastes se mettent en tête d'aborder « les sujets importants ».
Grégory Cavinato

 

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