Octobre 1998
Entrevue
Critique
- La Dinde de Sam Garbarski
- Max & Bobo de Frédéric Fonteyne
- The Quarry de Marion Hänsel
- Le Nain rouge de Yvan Le Moine
- Surveiller les tortues de Inès Rabadan
- Tempus Fugit de Stephan Carpiaux
- Sida d'ici et de là-bas de Pierre-Yves Vandeweerd
- Mésanges aux boucles grises de Anne Deligne et Daniel De Valck
- Le Petit bout du monde de Xavier Lukomski
- Ketchup de Manu Coeman et Yvan Goldschmidt
- Les Baltus au cirque de Stéphane Aubier
- Le Film dont vous êtes le héros de Pascal Rocteur
- Conservatoire de Jean-Philippe Laroche
Métiers
Tournage
Max & Bobo
Frédéric Fonteyne
-
Entrevue filmée
Frédéric Fonteyne - La Femme de Gilles -
Entrevue filmée
Frédéric Fonteyne - La Femme de Gilles -
Entrevue filmée
Cinéma cinéastes - Frédéric Fonteyne -
Entrevue filmée
Sur le tournage de Quartier Libre de Frédéric Fonteyne -
Entrevue
Frédéric Fonteyne à propos de La Femme de Gilles -
Entrevue
Frédéric Fonteyne pour la sortie du DVD de La Femme de Gilles -
Entrevue
Frédéric Fonteyne : Une liaison pornographique -
Critique
La Femme de Gilles de Frédéric Fonteyne -
Critique
Une liaison pornographique de Frédéric Fonteyne -
Sortie DVD
La Femme de Gilles -
Sortie DVD
La Femme de Gilles de Frédéric Fonteyne -
Article
Natacha Pfeiffer, lauréate du concours des jeunes critique : La Femme de Gilles -
Article
Frédéric Fonteyne sur la démarche qu'il a eu en dialoguant avec le public -
Article
Le Prix des lycéens du cinéma : les réactions -
Article
Prix Cavens et les nominés du Prix UCC -
Article
André Delvaux et le cinéma belge mis à l'honneur à l'ULB. -
Article
Carnet de tournage et B.O. La Femme de Gilles -
Article
Genèse d'un film - La Femme de Gilles -
Article
La Femme de Gilles -
Article
Sur le plateau de Quartier libre de Frédéric Fonteyne
Max & Bobo de Frédéric Fonteyne
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Cela peut faire penser au récent Western de Manuel Poirier, mais c'est de Frédéric Fonteyne, et ça s'appelle Max & Bobo, autre fraîche et vivifiante variation sur un duo aussi attachant qu'improbable. On dirait qu'en cette froide fin de millénaire, de "jeunes" réalisateurs, témoins de la pagaille et d'une course vaine, quittent les studios exigus pour se pencher avec simplicité sur les errements d'une nature humaine vagabonde. Petite vie d'un bande-mou : "Je me prenais pour le roi du monde. Mon salon de coiffure marchait bien, Chez Massimo était connu de toute la ville. Je croyais avoir de l'or au bout des doigts, mais j'ai dû tout revoir un peu à la baisse." |
C'est seul, à la rue et noyé dans les emmerdes, qu'il fait la rencontre de Bobo (Jan Hammenecker), un marginal simplet et sifflotant que d'un mensonge de plus, il s'empresse de plumer de ses pauvres cent balles ! Que peuvent-ils bien espérer l'un de l'autre ? Rien ! Sapé en Tintin bouffi, ce gros nounours naïf et bon vivant n'avait d'ailleurs besoin de rien, ni de toit ni de sommeil, rien d'autre que de quelques mousses partagées, de quelques tranches de rire et de jambon chapardées ici et là. Et puis surtout, de ses rêves idiots : guetter les femmes, un tas de femmes, même laides, toujours douces, aux fesses rondes et aux seins opulents et maternels.
Mais voilà: le sourire large greffé sur sa face de poupon crétin, l'éternel innocent décide de coller aux basques de ce raté au bout du rouleau qu'il est bien le seul à considérer encore comme un caïd, un prince stylé aux couilles d'acier. Peut-être Bobo y croit-il assez pour deux... Et peu à peu, en ces temps de solitude et de misère humaine, Max s'attachera à ce providentiel compagnon, ange consolateur pour qui la vie paraît si simple. Parsemée de 400 coups foireux, entre tendresse et chagrin, chaudes larmes et éclatements de rate, leur errance mènera les complices -comme deux faces d'une même personne- à travers les milieux de l'ombre et de la nuit, d'embrouilles en débrouilles, de trottoirs en bars glauques et dancings kitschobruxellois, où toutes sortes d'oiseaux solitaires et paumés viennent se mettre un coup dans l'aile... ou dans les toilettes. Un parcours initiatique qui sera pour l'un l'occasion de se sauver et rallumer son âme morte ; pour l'autre, laissant dans l'aventure son pucelage et sa salvatrice candeur, d'ouvrir des yeux tristes sur la réalité sordide de son sort dans un monde aigri. Hommage à l'amitié masculine, aux coudes serrés et aux tapes dans le dos, c'est en s'ouvrant à des valeurs aussi essentielles que cette chaleur humaine sans prix, que ce road movie bruxellois propose sa solution à la "crise" d'une société s'égarant dans l'égoïsme ambiant.


