Juin 2001
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- Muno de Bouli Lanners
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- La Grimace
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Bouli Lanners
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Sur le tournage des Géants de Bouli Lanners -
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Les Géants, rencontre avec Bouli Lanners -
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Bouli Lanners à porpos de Ultranova -
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Bouli Lanners et Serge Larivière, duo dans J'ai toujours rêvé d'être un gangster -
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Delépine et Kervern, réalisateurs de Louise-Michel -
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On the Road again de Benoît Mariage -
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Les Géants de Bouli Lanners -
Sortie DVD
Les Géants de Bouli Lanners -
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Ultranova de Bouli Lanners -
Sortie DVD
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Sur le plateau de l'émission de l'Envers de l'écran. -
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Ultranova (ex - Zoning-Lonesome cowboys) -
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Eldorado de Bouli Lanners
Muno
Muno de Bouli Lanners
Raphaël est un stagiaire particulièrement malhabile. Revenu à Muno, son village natal (rien à voir avec Muno, en Gaume, le film est une fiction, pas un documentaire), il essaie de profiter de l'agression que vient de subir un jeune Africain pour construire un sujet radiophonique sur la montée du racisme à la campagne. Sa mère ayant d'autres priorités, il essaie d'enregistrer Wendy, la cousine de la victime.
Las, le magnétophone tombe en panne. Le réparateur, sorte de Buster Keaton bavard et sans chapeau, lui confie, angoissé, qu'il a perdu son humour (" Je me lève le matin, paf, plus rien ! Non seulement je ne fais plus rire personne mais personne ne me fait rire "). Son frère Jean-Michel entend sidéré les commentaires de Raphaël sur la montée du racisme dans sa commune chérie, genre : " Muno, petite ville où rêgne l'ennui, où il ne se passe jamais rien ", etc. Outré, il remplace la cassette audio et enregistre en lieu et place un commentaire genre rêve campagnard un peu gaga pour touristes du troisième âge. Raphaël rencontre Monsieur Nollet (l'ex-père Noël de son enfance) qui critique son projet : " Tu veux que les gens s'imaginent que c'est Chicago ici ? " Entre-temps, le magnétophone est réparé, Wendy a disparu, l'homme qui a perdu son humour bricole son humeur et Raphaël quitte Muno plus désabusé que perplexe.
Parfait exemple d'oxymoron, cette fine comédie n'est pas qu'un clin d'œil aux ravages du temps, au décalage entre l'enfance et la maturité, lorsqu'on regarde dans les rétroviseurs de sa vie (Raphaël redécouvre ses copains d'enfance réunis, par ailleurs, sur une vieille photo d'époque). Ce brouillard du temps n'est qu'un brouillage pour nous parler de l'indifférence d'une population confrontée à un crime raciste (on apprend par ricochet, of course, que le jeune Africain est mort). L'amitié qui s'est dissoute avec le temps qui passe est la métaphore de la dissolution du lien social au sein d'une communauté vivant une apathie morale que Bouli Lanners observe avec perspicacité.
Les plans cadrés au format 1.85, en noir et blanc, par Jean-Pierre De Zaetijd cernent avec un regard d'une acuité tranquille les différents protagonistes du drame en se gardant bien d'en montrer le cœur : la victime et son agresseur (il y a un côté Cavanna, genre : je l'ai pas vu, je l'ai pas lu, j'en ai entendu causer). Bouli Lanners renvoie le monde à son opacité. Nous n'en sommes que plus troublés et admiratifs.
Jean-Michel Vlaeminckx


